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Une évidence d'Agnès Martin-Lugand


J'ai été une fois de plus touchée par le roman d’Agnès Martin-Lugand « Une évidence ».

La romancière dresse ici avec subtilité le portrait d’une femme qui fait face à l’adversité et à ses erreurs passées. Pas facile de ne pas laisser couler quelques larmes lors de la lecture de ce récit…

L’histoire… Reine est une mère célibataire qui élève à Rouen son fils Noé âgé de dix-sept ans. Très entourée par sa famille soudée, elle se consacre à son fils et à son travail dans une agence de marketing, dirigée par un ami fidèle. Reine protège jalousement son fils et s’inquiète de son départ programmé de la maison. Soudain, sa vie vole en éclats lorsqu’elle rencontre à Saint-Malo un client, qu’elle a bien connu dans le passé. La vérité la rattrape. Comment faire face à ses propres mensonges ? Peut-on mentir pour protéger ceux qu’on aime ? Comment avouer la vérité au risque de perdre la confiance de son entourage ?


Pourquoi vous allez aimer … D’abord, Agnès Martin-Lugand nous entraîne à la découverte de la sublime ville de Saint-Malo, située dans le nord-est de la Bretagne, sur le littoral de la Manche. La force de la nature et la beauté des remparts depuis Grand Bé apportent une intensité particulière à cette histoire. La romancière nous offre une belle visite guidée dans la ville des vacances de son enfance. Ensuite, Agnès Martin-Lugand qui a étudié la psychologie, a le don d’explorer au plus profond et avec minutie l’âme humaine. Elle sait parfaitement transcrire en mots les sentiments subtils de ses personnages attachants qui prennent vie devant nous. On s’identifie rapidement à Reine, une femme sensible et complexe. La crainte d’affronter la chambre vide, suite au départ de son fils est particulièrement bien analysée et concerne tous les parents.Le petit coin lecture conseille ce joli roman sensible, aux personnages fouillés et intenses. Une idée de livre à emporter dans les bagages pour les prochaines vacances.


Après six romans à succès vendus à plus de 3 millions d’exemplaires et traduits dans trente-deux pays, Agnès Martin-Lugand persiste pour notre grand plaisir à jouer avec nos sentiments. Nous avions aimé « Les gens heureux lisent et boivent du café « Entre mes mains, le bonheur se faufile. »…



Rencontre au Salon du livre de Genève d'Agnès Martin-Lugand : une femme lumineuse, attentive aux autres.


Agnès Martin-Lugand


Sandrine Bourgeois : Racontez-nous votre expérience magique d’écrivain ?


Agnès Martin-Lugand : Tout est allé très vite, ma rencontre avec les lecteurs et mon éditeur Michel LAFON. Et ce qui est merveilleux, c’est que j’ai la possibilité d’écrire d’année en année avec toujours autant de plaisir. Les lecteurs qui sont au rendez-vous depuis six ans m’apportent énormément. Ce sont des rencontres bouleversantes qui me nourrissent. Ils portent mes personnages à ma place. La dimension magique de ce que je vis, ce sont les traductions de mes romans à l’étranger, dans une langue qui n’est pas la mienne. Je me suis aperçue que peu importe la langue, la culture, l’ histoire, le contexte géopolitique, finalement l’être humain se retrouve sur les émotions, sur le chagrin, sur le rire, sur l’amour, sur l’amitié, sur la famille. C’est très rassurant sur l’être humain et très enrichissant. Toute la magie au-delà du plaisir de l’écriture se saisit dans les rencontres humaines. Je ne m’attendais pas en écrivant à toutes ces rencontres extraordinaires.


S.B. : Comment écrivez-vous ?


AML : Je n’écris qu’en musique, j’ai partagé à la fin du livre “Une Evidence”, la playlist qui suit la chronologie du roman. Ces musiques m’inspirent, nous soutiennent et nous accompagnent, mes personnages et moi


S.B : Comment faites-vous pour explorer aussi finement la nature humaine ?

AML : Je suis passionnée par les réactions et les mécanismes psychiques que l’on met en place pour avancer dans la vie et essayer de s’en sortir plus ou moins bien. Pourquoi fait-on des mauvais choix ? Pour qui ? Comment batailler avec soi-même et avec les autres ? Comment cicatriser ses blessures ? J’aime dans l’écriture réussir à trouver les mots pour faire ressortir une émotion.

S.B : Comment construisez-vous vos personnages ?


AML : Je me mets à la place de mes personnages et je m’efface derrière eux. Je dois être en fusion avec eux pour commencer à écrire et je me laisse ensuite littéralement cueillir. Il y a un lien magique qui s’opère. Tout ce que le personnage va sentir, je vais le ressentir également. Dans mon dernier roman « une Evidence », le personnage principal Reine n’est pas moi, mais elle prend ma place. Je pleure avec Reine. Je tombe amoureuse et vibre avec elle. Je ressens dans mon corps ce qu’elle ressent.

S.B : Pouvez-vous nous expliquer le choix du titre « Une Evidence »? .


AML : Pour la première fois, un titre court s’est imposé à moi tardivement. Dans une idée de lâcher prise, je n’ai pas voulu me forcer à trouver un titre long qui n’aurait pas de sens alors que j’en ai trouvé un court qui raconte une histoire à lui tout seul.


S.B : Pourquoi avoir choisi le thème principal du mensonge pour votre dernier roman ? AML : Il y a plein d’histoires à raconter derrière le mensonge. Pourquoi ment-on ? Pour se protéger ? Pour protéger les autres ? Comment vit-on avec le mensonge ? Ce qui m’intéressait avec « Une évidence” était de voir comment Reine s’est enfermée dans son mensonge et avait fini par y croire. Alors, comment passe-t-on du mensonge au pardon ? Et comment peut-on se pardonner soi-même ? C’est un champ des possibles fascinant pour un auteur.

S.B: Votre dernier roman se déroule en grande partie à A Saint-Malo, pouvez-vous nous conseiller une visite particulière dans cette ville ?


AML : C’est une ville importante pour moi. Je vis à Rouen, mais une partie de ma famille vit à Saint-Malo où je suis née. il faut faire avant tout le tour des remparts. Ce qui donne une bonne perspective de la ville.


Un grand merci à Agnès Martin-Lugand pour avoir consacré un moment à Sourire aux livres.


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